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Trump se félicite d'un "accès total" au Groenland, l'Otan appelée a renforcer sa présence dans l'Arctique
information fournie par Reuters 22/01/2026 à 16:48

Le président américain Trump rencontre le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, à Washington

Le président américain Trump rencontre le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, à Washington

par Mark John

Le président américain Donald Trump s'est félicité jeudi d'avoir obtenu un "accès total" et permanent au Groenland dans le cadre d'un accord-cadre qui implique que l'Otan devra renforcer sa présence dans l'Arctique pour contrer les menaces de la Russie ‍et de la Chine.

"Les détails sont en cours de négociation. Mais en substance, il s'agit d'un accès total. Il n'y a pas de limite, pas de délai", a déclaré Donald Trump à Fox Business Network lors d'une interview depuis Davos, en Suisse.

Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte avait déclaré auparavant, lors d'une interview à Reuters ‌en marge du Forum économique mondial, qu'il était désormais de la responsabilité des commandants de l'alliance militaire de travailler sur les détails des exigences supplémentaires, ajoutant être sûr que tous les alliés de l'Otan souhaiteraient contribuer à l'effort.

"Nous nous réunirons au sein de l'Otan avec nos hauts commandants pour déterminer ​ce qui est nécessaire", a-t-il déclaré.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que l'on puisse faire cela rapidement. J'espère certainement que ce sera pour 2026, ⁠j'espère même début 2026."

La question de l'exploitation des minerais critiques n'a pas été abordée lors de son entretien avec Donald Trump mercredi, a précisé le secrétaire général de l'Otan.

Les négociations concernant le Groenland vont continuer entre les Etats-Unis, le Danemark et l'île autonome, a-t-il dit.

La ⁠Première ministre danoise Mette Frederiksen a insisté sur le fait ‍que la souveraineté du Danemark sur l'île n'était pas négociable. Le Danemark et le Groenland continueront à s'engager dans ⁠un dialogue constructif sur la sécurité dans l'Arctique, dans le respect de leur intégrité territoriale, a-t-elle déclaré.

RECONSIDÉRER LES RELATIONS

Le revirement de Donald Trump a certes provoqué un rebond des marchés européens, mais il a également soulevé des questions quant à l'ampleur des dégâts déjà causés aux relations transatlantiques et à la confiance des entreprises.

Des diplomates ont ​déclaré à Reuters que les dirigeants de l'Union européenne allaient reconsidérer leurs relations avec les États-Unis, car l'épisode du Groenland a fortement ébranlé la confiance dans la relation transatlantique.

"Trump a franchi le Rubicon. Il pourrait recommencer. Il n'y a pas de retour en arrière possible. Et les dirigeants en discuteront", a déclaré un diplomate européen, ajoutant ⁠que l'UE devait trouver une alternative à sa dépendance vis-à-vis des États-Unis dans de nombreux domaines.

"Nous devons essayer de maintenir le contact avec lui (Trump) ​tout en oeuvrant à renforcer notre indépendance des États-Unis. C'est tout un processus, qui sera probablement long", a ajouté ​le diplomate.

Le président américain a par ailleurs ​promis jeudi des représailles aux pays européens s'ils commencent à vendre massivement de la dette américaine dans le but de déstabiliser les États-Unis.

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) vont ​se pencher en fin de journée sur leurs relations avec les États-Unis lors d'un sommet ⁠extraordinaire.

Des sentiments mitigés pointaient chez les habitants de Nuuk, la capitale du Groenland.

"Je suis ravie d'entendre cela, tout d'abord parce qu'il a dit beaucoup de choses sur le fait de prendre le Groenland par la force, comme s'il allait le faire de la manière la plus dure, ce qui est très effrayant à entendre", a déclaré Ivi Luna Olsen, une guide touristique.

"Mais j'essaie aussi de ne pas trop espérer, tout en espérant le meilleur et en me préparant au pire, parce que parfois il peut dire beaucoup ‌de choses."

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré lors d'une conférence de presse que son pays souhaitait participer au renforcement de la présence militaire alliée au Groenland et dans l'Arctique.

"Cette nouvelle rhétorique américaine, nous commençons à nous y habituer, mais nous devons aussi nous exprimer lorsque nous la jugeons totalement déraisonnable, et je pense que nous et d'autres pays européens l'avons fait, et je pense que cela a eu un effet."

(Reportage Susan Heavey, Mark John, Janis Laizans, Jan Strupczewski, Lili Bayer, Andrew Gray, Steve Holland, Trevor Hunnicutt, Alessandro Parodi, Benoit Van Overstraeten, Stine Jacobsen, Anna Ringstrom, Markus Wacket, Sarah Marsh, Madeline Chambers, Christian Kraemer, rédigé par Matthias Williams ; version française ‌Zhifan Liu et Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)

3 commentaires

  • 19:06

    c'est juste un reve joseph... ça va passer


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